Ce qui change à cet âge
À dix mois, la motricité prend le devant de la scène. Votre bébé se met debout en s'agrippant aux barreaux, se déplace à quatre pattes ou en se tenant, et enchaîne les tentatives. Ces acquisitions sont enthousiasmantes, mais elles ont un effet direct sur le sommeil : votre bébé a tellement envie de s'exercer qu'il préfère parfois se lever dans son lit plutôt que de s'endormir, aussi bien au coucher qu'au milieu de la nuit.
C'est aussi l'âge de la fameuse fausse « grève de sieste ». Votre bébé peut soudain résister aux siestes, sembler ne plus vouloir dormir en journée, protester au moment de le coucher. Le mot « grève » est trompeur : il s'agit le plus souvent d'une phase passagère, liée au besoin d'explorer et aux nouvelles compétences motrices, et non d'un réel abandon des siestes. Céder trop vite en supprimant une sieste risquerait de créer un surmenage contre-productif. La clé est de maintenir un cadre calme et régulier, le temps que le rythme se rétablisse.
Votre bébé peut aussi se réveiller debout au milieu de la nuit, sans savoir comment se recoucher. Là encore, ce n'est pas un caprice mais la conséquence directe de ses progrès moteurs.
Le sommeil de bébé à 10 mois
Sur vingt-quatre heures, le besoin de sommeil reste important et se répartit entre une longue nuit et deux siestes, selon les repères affichés plus haut. La nuit constitue la part principale du repos et tend à être plus continue à cet âge, même si les acquisitions motrices peuvent y provoquer des réveils passagers.
En journée, votre bébé fait le plus souvent deux siestes, une le matin et une l'après-midi. Certains bébés commencent à rechigner sur la sieste du matin, mais il est généralement trop tôt pour passer à une seule sieste. La fenêtre d'éveil est désormais bien plus longue qu'aux mois précédents : votre bébé peut rester éveillé une plage de temps conséquente sans se fatiguer excessivement. Ce temps d'éveil étiré transforme l'organisation de la journée et explique en partie la résistance aux siestes : mal placée, une sieste peut arriver trop tôt pour un bébé qui n'a pas encore accumulé assez de fatigue.
Nos conseils pour cet âge
- Ne supprimez pas une sieste trop vite. Face à une grève apparente, gardez le cadre et observez sur la durée. Une sieste sautée ne signe pas la fin d'un rythme.
- Laissez la motricité s'exprimer en journée. Offrez à votre bébé de nombreuses occasions de s'entraîner à se mettre debout et à se déplacer : mieux rassasié de mouvement le jour, il s'exerce moins la nuit.
- Aidez-le à se recoucher en douceur. S'il se réveille debout, accompagnez-le calmement à se rallonger, avec peu de mots et une présence rassurante, sans transformer le moment en grand éveil.
- Ajustez les horaires à la fenêtre d'éveil. Placez les siestes ni trop tôt ni trop tard, en vous fiant aux signes de fatigue, pour limiter les refus.
- Maintenez un rituel du coucher stable. La régularité reste un repère précieux, surtout dans une période où votre bébé teste beaucoup.
- Gardez un couchage sûr. Sur le dos, en gigoteuse, matelas ferme et réglé bas, lit vide, chambre à 18-20 degrés, sans partage du lit parental.
Pour vous accompagner pas à pas, notre guide gratuit rassemble des routines douces et des repères simples à adapter à votre bébé.
Quand consulter
Les remous du sommeil à cet âge, grève de sieste comprise, sont le plus souvent normaux et passagers. Certains signes méritent toutefois l'avis d'un professionnel de santé. Consultez votre médecin ou votre pédiatre si votre bébé paraît douloureux ou très inconfortable, s'il refuse durablement de dormir en journée au point d'être épuisé et inconsolable, s'il mange nettement moins ou prend mal du poids, s'il ronfle fortement ou semble gêné pour respirer pendant son sommeil, ou si son état général vous inquiète. Demander conseil n'a rien d'excessif : cela permet d'écarter une cause médicale et de vous rassurer. Votre ressenti de parent est un guide fiable, faites-lui confiance.